EPISODE 64: SOLENN, DÉCOMPLEXÉE DU PÉRINÉE

Attention, épisode technique ! Nous allons parler muscle, nous allons parler dignité, nous allons parler… périnée. Parce que la grossesse est généralement le moment où on découvre cette partie de notre anatomie, et que l’accouchement par voie basse le met inévitablement à rude épreuve. Ce muscle, qui est comme un hamac qui retiendrait l’ensemble de nos organes mérite pourtant toute notre attention, et il est in-dis-pen-sable de s’en occuper.

Pour Solenn, il est devenu sa priorité.  Car après avoir mis du temps à tomber enceinte, à cause de plusieurs fausses couches très pénibles, elle a fini par gouter au bonheur d’une grossesse idyllique … mais qui s’est terminée par un accouchement… très sportif. Travail interminable, utilisation d’instruments pour faire sortir son bébé, très vite Solenn a pris conscience que son corps ne serait plus comme avant, et elle a donc tout mis en œuvre, pour qu’il le soit. C’est donc avec beaucoup d’ambition pour son périnée et à coup de multiples séances de rééducation plus ou moins gênantes avec différents spécialistes, que Solenn a mis de côté sa pudeur et sa libido pendant de longs mois dans le but de se sentir à nouveau la femme qu’elle était avant d’accoucher.

Je vous laisse donc découvrir ce récit brut et authentique, rempli d’infos que vous ne trouverez certainement, nulle part ailleurs…

L’Insta de Solenn: @sur_mon_motu

LES TEN TIPS DE SOLENN

1/ Choisir l’haptonomie pour préparer l’arrivée d’un enfant c’est absolument génial pour créer du lien in utero à trois et un merveilleux cadeau de bienvenue pour son bébé. Mais comme parfois l’accouchement ne se déroule pas comme dans un conte de fée, couplez cette préparation avec une plus classique, plus ancrée dans le réel. Parce que savoir respirer ou utiliser un ballon…. ça s’apprend et ça peut être très utile !

2/ Faites votre rééducation à fond, cherchez la méthode qui vous conviendra le mieux, ne vous découragez pas même si ça vous semble interminable, laborieux et par moment inatteignable. Parce que rien est impossible quand on est bien accompagnée. A la fin de ma rééducation antérieure, j’étais capable de faire tous les exercices avec la sonde en position debout. Et ça tombe bien parce que nous sollicitons bien plus notre périnée debout qu’allongé. Faites vous aussi prescrire une rééducation abdominale et ensuite continuez à bosser votre périnée toute votre vie devant une série, en marchant dans la rue ou en faisant le ménage avec des boules de geisha. Parce que ce muscle est d’une importance capitale que vous ayez ou non des fuites! Pour votre plaisir et pour prévenir des complications plus graves lors de prochaines grossesses (je parle bien de la descente d’organes). En fait n’ayez pas honte de vos sensations, écoutez les, même si cela vous semble un peu surnaturel et difficile à décrire parce que vous seule savez si vous êtes comme avant, si vous êtes bien dans cette zone. La veille dame que vous serez un jour vous remercie d’avance.

3/ Cherchez les informations par vous même si votre bébé a un début de tête plate. Consultez rapidement un ostéo et un kiné pour comprendre la cause de cette déformation. A la maison, investissez dans un cale bébé (c’est bien moins cher qu’un matelas du style cocoonababy qui sont en plus complètement déconseillé parce que favorisant les têtes plates). Préférez le portage à la poussette, la position ventrale et la motricité libre. Si malgré le repositionnement intensif le plat ne se résorbe pas suffisamment. Ne lâchez pas l’affaire ! La France est très en retard sur le sujet. Si cela vous inquiète, consultez un centre, ils vous diront si ce n’est qu’esthétique ou si il peut y avoir des conséquences sur le développement de votre enfant. Enfin, cette décision n’appartient qu’à vous alors faites vous confiance. Beaucoup penserons que vous êtes un peu fous et que sur-réagissez mais je vous assure que les résultats mettent tout le monde d’accord. Et non, contrairement à ce que beaucoup de pédiatres disent, ça ne se remet pas tout seul !

4/ Prenez votre temps pour reprendre vos ébats amoureux. Votre corps a besoin de temps pour se remettre de tout ce chambardement qu’est une grossesse et un accouchement. Et surtout rassurez-vous, c’est complètement normal d’avoir peur de refaire l’amour après un accouchement musclé alors ne culpabilisez pas. Avec une bonne rééducation et du temps, votre libido reviendra et le sexe sera génial. Alors pas de panique 😉

5/ Faites une parenthèse en couple, sans bébé. Quand vous le sentirez évidemment un peu comme quand vous déciderez du bon moment pour mettre votre poupon dans sa propre chambre. Nous, nous sommes partis à ses 15 mois sans lui plus d’une semaine à NYC. Ça nous a fait un bien fou de se retrouver à deux, de parler de notre bébé mais pas que, d’improviser, de sortir. Parce qu’évidemment tout polariser les premiers mois sur son poupon c’est normal, mais que c’est bon de ne pas s’oublier, de recharger ses batteries et de se retrouver. Les retrouvailles avec bébé sont magiques !

6/ Lire le compte rendu dans votre dossier en quittant la maternité. Tout y est écrit et bien souvent vous y trouverez des informations dont vous n’avez pas eu connaissance. Parce que dans le feu de l’action , tout n’est pas commenté surtout si ça se complique… Par exemple, notre fils avait un tour de cordon autour du cou, et a eu la ventouse. Deux informations que nous n’avons pas apprises tout de suite en salle d’accouchement. En cas de déchirure, vous connaîtrez son degré, une information qui pourra être utile à votre kiné ou sage femme quand vous débuterez votre rééducation périnéale.

7/ Et surtout débriefez avec l’équipe si votre accouchement vous fait culpabiliser ou vous tourmente. Avec le baby-blues ce n’est pas nécessaire d’être mortifiée en se disant que l’ont a échoué, que l’on pas été à la hauteur.. Nous, nous avons demandé à revoir les deux sages-femmes qui nous avaient accompagnées. Parler avec elles nous a fait beaucoup de bien, c’était un échange plein d’émotions et de bienveillance. Elles nous ont dit de voir très rapidement un ostéo pour soulager notre bébé après sa naissance un peu Rock’n Roll (ce qui nous a permis de détecter son torticolis non diagnostiqué à la maternité). Elles m’ont conseillé vivement de faire ma rééducation sérieusement, elles avaient bien raison même si je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. Elles nous ont aussi félicité en nous disant que nous avions été courageux, tous les deux.. Bref, des mots qui font du bien et des conseils avisés.

8/ Laissez sa place au papa (ou deuxième maman/ deuxième papa). Parce que forcément l’autre n’aura pas forcément un congé aussi

« long » que le votre et 11 jours c’est très très court pour apprendre à mettre un pyjama grenouillère rapidement ou un body croisé. Alors oui, il ou elle fait tout plus lentement que vous. Bébé n’aime pas être sur sa table à langer tout nu. Mais c’est un cercle vicieux et moins vous laisserez l’autre faire, moins il saura faire. Alors n’oubliez pas, vous êtes une team fatiguée mais une team soudée !

9/ Ne pas hésiter à changer de pédiatre si vous vous rendez compte que celui choisi au départ n’a pas suffisamment ses planètes alignées avec les vôtres. Je ne parle pas du casque ici, parce que les pédiatres en France n’y connaissent rien encore mais plutôt de la prise en charge du torticolis de notre fils. Notre nouveau pédiatre a prescrit à l’époque à notre fils 15 séances de kiné pour son cou, à renouveler si besoin (qui ont été renouvelées), alors même que son prédécesseur nous avait dit que c’était complètement inutile ! Donc trouvez un pédiatre qui sache vous écouter, même en 15 mn chrono. Un pédiatre avec qui vous vous sentez en confiance, parce que c’est lui qui bien souvent va désamorcer vos angoisses.

10/ Pour finir, ne pas croire tout ce qu’on lit surtout quand l’ouvrage diabolise la péridurale et ne compile que des récits d’accouchements parfaits… Enceinte, j’étais une vraie boulimique de livres sur la maternité et finalement, je n’étais absolument pas préparée à ce qui m’attendait. Une péridurale obligatoire, un allaitement impossible, une naissance avec extraction instrumentale. Donc selon moi, c’est une bonne idée de lire les statistiques de son établissement pour connaître les taux d’accouchement avec instruments ou qui finissent en césarienne d’urgence par exemple. Pas pour flipper un max mais simplement pour savoir que cela peut vous arriver. Parce que pendant la préparation haptonomique, on n’en parle pas du tout. Et que ce n’est clairement pas des complications dont on vous parlera non plus quand vous vous lancerez dans l’écriture de votre projet de naissance « idéalisé ». C’est une façon simple de se préparer un peu à ces éventualités et donc de ne pas trop paniquer le jour J si cela vous arrive. Il y a évidemment une autre merveilleuse façon de se préparer à donner naissance, c’est en écoutant les épisodes de Bliss mais ça, je crois que vous le savez déjà <3.

Les liens vers mes articles :

sur ma rééducation périnéale :
https://www.surmonmotu.com/single-post/2018/05/01/Perinee-decomplexe

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