EP92 : MARIE, POURQUOI J’AI DONNÉ MES OVOCYTES

Il y en a qui reçoivent, mais pour cela, il faut que d’autres donnent. Le don d’ovocytes en France est un sujet encore très mal connu et, même si le nombre de donneuses augmente légèrement chaque année, il n’est encore pas suffisant pour résorber les délais d’attente qui sont de plusieurs années pour certains couples en attente de devenir parents.

Pourtant, en France, une femme âgée de 18 à 37 ans, ayant eu ou non des enfants, peut donner ses ovules (ou ovocytes) à des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant pour des raisons spécifiques. Le don est réalisé dans un établissement hospitalier. Il est gratuit et pour l’instant, anonyme.

C’est une démarche forte, engagée, et qui doit provenir d’une envie très personnelle à chacune. Pour Marie, cette envie a répondu comme un écho à sa propre expérience de maternité, et ce don est devenu pour elle une façon de rendre ce qu’elle avait reçu.

Car après une première grossesse très stressante à cause d’une pré-éclampsie, Marie a fait une hémorragie le jour de l’accouchement et a dû être transfusée deux fois.

Sans les poches de sang qu’elle a reçu ce jour-là, l’histoire n’aurait pas été la même, et ça, elle l’a ressenti très vite au plus profond de son ventre.

Cette première expérience changera radicalement sa vision de la maternité, et la « Manif pour tous » achèvera de la convaincre qu’il fallait qu’elle aide d’autres femmes à devenir mères. Alors, lorsqu’elle a senti sa petite famille au complet, elle s’est lancée dans cette aventure du don qui lui tenait tant à cœur. Dans cet épisode, Marie vous racontera donc les coulisses si peu racontés du parcours d’une donneuse… parcours pas si compliqué que ça, et qui permet quand même à plus de 1200 bébés de voir le jour chaque année.

LES TEN TIPS DE MARIE

1- Se faire confiance
Pendant la grossesse, pendant l’accouchement, dans les jours qui suivent… se faire confiance & écouter sa petite voix intérieure (celle qui te dit que même si ton bébé à mangé il y a une heure, là il pleure et il a faim c’est sûr).
2- On peut réussir son allaitement même sans tétée d’accueil
Si tu as envie de tenter l’allaitement et que tu n’as pas pu réaliser la mise au sein les premières 24 heures, ce n’est pas grave, ça peut marcher. Demande-le aux professionnels qui t’entourent, ils sont là pour ça !
3- Ne pas culpabiliser de ne pas être envahie par une vague d’amour immédiate au moment où l’on met son enfant au monde.
Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère ! Il faut parfois du temps pour créer le lien avec son enfant et alors ? ça change quoi ? pour qui ? C’est votre histoire et celle de personne d’autre, elle se construira à votre rythme
4- Savoir pourquoi on a envie de donner ses ovocytes.
Etre au clair sur les raisons de son don, ses motivations, pour vivre sereinement le protocole et l’après.
5- Ne jamais rien s’imposer.
On peut décider de se lancer dans l’aventure du don et y renoncer à tout moment (si la stimulation à démarré il faudra quand même aller jusqu’à la ponction, mais tu peux décider de ne pas donner les ovocytes prélevés). Dans le don, comme en tout, on a le droit d’hésiter, de se tromper et de renoncer… Et ce n’est pas grave !
6- Accepter l’imprévu.
La grossesse, l’accouchement, l’alimentation, le sommeil, l’éducation… il y a de faibles chances que tout se passe comme prévu jusqu’à ce que ton enfant devienne adulte… et finalement c’est l’imprévu qui fait que c’est magique d’être parents !
7- Ne laisser personne te dire ce qui est bien pour toi et ton enfant.
Il tète trop, il ne dort pas assez, laisse le pleurer, il sera mieux chez une nounou, il faut lui faire goûter de tout, tu rentres trop tard du boulot, il en fait des heures de garderie, tu lui passes tout… et bla et bla et bla et bla et bla…  heu rappelle moi qui connaît le mieux ton enfant ?
8- Communiquer et dialoguer.
Si tu as un partenaire à tes côtés pour élever ton enfant, échange et communique beaucoup avec lui. Sur ce qui va bien, sur ce qui ne va pas, sur tes doutes… On la droit de ne pas être d’accord, encore faut-il le savoir !
9- Demander de l’aide.
Si tu n’y arrives pas seule, demande de l’aide et entoure toi de gens qui te font du bien. Si tu ne demandes pas, personne ne saura exactement ce dont tu as besoin.
10- Ne pas oublier sa vie ni sa personne dans la maternité
Essaie de ne pas te perdre en route, en devenant mère nous ne serons plus jamais vraiment la même, sans être pour autant radicalement différente… Le sport, ton job, tes sorties avec tes copines, tes soirées tricots…peu importe !  Ne lâche pas tout et bat toi pour conserver ce qui est important à tes yeux – c’est difficile parfois, mais c’est vital pour toi et pour tes enfants.


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