NIKKI, LE DEUIL PÉRINATAL

Dans une vie idéale, le mot deuil ne serait jamais associé au mot naissance, les bébés viendraient tous au monde en parfaite santé et les futurs parents vivraient une grossesse sereine et sans encombre. Oui mais voilà, dans la vraie vie, malheureusement, le mot deuil s’invite dans certaines familles, sans qu’on ne lui ait rien demandé, sans qu’on soupçonne même son existence dans ces moments là. Alors les futurs parents se transforment en guerriers, et tentent de combattre l’impossible. Nikki est une de ces guerrières, et je la laisse vous raconter comment elle a réussi à traverser, probablement la pire épreuve de sa vie.

L’Instagram de Nikki: @nikkipetersenfilm

LES TEN TIPS DE NIKKI

1. Ne pas culpabiliser de ce que vous n’arrivez pas à faire. Si vous ne pouvez pas allaiter, si vous n’avez pas le temps de faire une purée de légumes bio pour votre bébé, si vous vous endormez dans une réunion… on est toutes des mamans super, mais on ne peut pas être parfaites, et ce n’est pas grave.

2. Mes produits de beauté fétiches compatibles grossesse sont: le vernis de Kure Bazaar avec son dissolvant 100% naturel, le déodorant Schmidt’s, et la fameuse Bi-Oil qui (je pense) m’a épargné des vergetures.

3. Ecouter votre corps, il sait de quoi il est capable. J’ai réussi à courir jusqu’au 5ème mois quand j’étais enceinte de Julien, et du jour au lendemain, mon corps a dit stop. Pour la suite, le yoga prénatal m’a sauvé la vie.
4. Faites une écho de datation a 5 semaines pour exclure une grossesse extra-utérine, chose qui arrive dans 1 à 2% des grossesses. Si on s’en aperçoit suffisamment tôt, on peut parfois être traitée par médicaments et éviter de se faire opérer.
5. Voici les affaires qui m’ont servis le plus: la fameuse poussette Yoyo + avec un adaptateur pour le Cybex Aton Q, comme ça on a toujours un siège auto quand il faut prendre la voiture ou un taxi, le kit à langer portable de Skip Hop, et la balancelle Mamaroo que l’on appelait la « chaise de l’espace. »
6. Chantez des chansons à votre bébé pendant qu’il est dans votre ventre, je suis convaincue qu’ils les reconnaissent après la naissance et que ça les apaise tout de suite!
7. Si vous perdez un bébé, peu importe le stade de la grossesse, laissez-vous le temps de ressentir tout ce que vous ressentez, le temps de faire le deuil, le temps d’être en colère, le temps de pleurer, le temps de redevenir bien dans votre corps. Et surtout, si vous en avez envie, parlez-en autour de vous. Vous verrez que vous n’êtes vraiment pas seule.
8. Si vous êtes complètement à bout dans les premiers mois, tirez plein de lait et payez vous une nuit de sommeil chez « Ma Bonne fée » par exemple, (ou une nuit chez mamie et papi). Pour moi, c’était le meilleur cadeaux qu’on m’ait offert!
9. Pour les nausées de grossesse extrêmes, je n’ai jamais trouvé de solution miracle, mais les petits repas fractionnés, l’acupuncture, l’ostéopathie, et l’air frais m’ont aidée un tout petit peu. Et même si c’est dur, vous rappeler que c’est pour la bonne cause peut aider aussi (parfois!). N’hésitez pas à en parler autour de vous–c’est d’autant plus dur quand on doit garder le secret pendant le 1er trimestre.
10. Faites plein de photos mais aussi des vidéos. C’est incroyable à quelle vitesse ils changent, et aujourd’hui, je suis tellement contente de pouvoir écouter sa petite voix à 4 mois et 15 mois et 2 ans, de le voir souffler ses premiers bougies, de le voir danser et tomber quand il savait à peine marcher… ce sont des moments précieux qui passent bien trop vite, et j’adore les revivre.
12 Comments
  • Marie
    Posted at 15:51h, 24 octobre Répondre

    Je viens d’écouter ce témoignage bouleversant. Je viens de passer par une fausse couche à 2 mois de grossesse avec le séjour à l’hôpital, le médicament avortif et finalement un curetage en urgence suivi d’une semaine horrible où j’avais perdu toutes mes forces à cause d’une anémie liée à l’hémorragie. Bref une histoire qui ressemble à beaucoup d’autres mais je me console en me disant que des situations sont bien pires. Je trouve cela chouette en effet de profiter du témoignage des autres filles pour faire mon deuil avec plus de sérénité. Je souhaite tout le meilleur à cette petite famille et je suis sûre que le meilleur est à venir…

  • Marie
    Posted at 19:01h, 24 octobre Répondre

    J’ai perdu ma fille à 10 jours de vie… une leucémie décelée à la naissance. Une drôle d’histoire et une drôle de naissance. Mais le tout rempli d’amour. Merci pour ce témoignage qui me réchauffe le cœur.

  • caroline
    Posted at 18:58h, 30 octobre Répondre

    J’ai également perdu mon petit garçon à 3 semaines de vie d’une maladie génétique, non décelée pendant ma grossesse. Il n’existe pas de mot pour décrire le sentiment d’injustice et la tristesse éprouvée devant la plus difficile des décisions à prendre, laisser partir son enfant… L’histoire de Nikki m’a replongé dans la pire période de ma vie, mais cela m’a permis de me rappeler que je ne suis pas la seule à avoir vécu cette situation. 1 an tout juste après l’horreur, nous vivons désormais le plus grand bonheur avec notre 2ème enfant. je lui souhaite beaucoup de bonheur à venir ainsi qu’à son mari et son petit garçon

  • Hélène
    Posted at 19:00h, 07 novembre Répondre

    Merci pour ce témoignage. J’ai également très récemment vécu un IMG à 5 mois de grossesse, pour d’autres raisons médicales que Nikki mais les étapes traversées étaient les mêmes. De mon côté, je n’ai pas souhaité (pu) voir mon enfant car c’était trop dur. Ça fait du bien d’entendre de vraies histoires car comme vous le dites si bien peu de femmes osent en parler et on se sent si seul dans ce deuil si spécial. Même si l’entourage est bien veillant, ils ne peuvent imaginer l’immense détresse que cette épreuve procure. Merci à vous 2. J’ai pleuré en revivant tout cela mais ca m’a fait du bien.

  • Marie
    Posted at 11:44h, 08 novembre Répondre

    Un grand merci pour ce témoignage. Cela montre effectivement qu’on est pas seul à vivre le deuil de nOtre enfant.

    Apres un long parcours acharné de pmi/fiv je suis tombé enceinte en 2016 d’une petite Rose qui est décédé intra utérin quelques jours avant le terme Sans raison inexplicable. Autant vous dire quon a vécu le pire moment de notre vie à se demander comment la vie pouvait nous faire subir un tel sort et se demander comment j’allais pouvoir remonter la pente.

    Tout ce que vous avez pu expliquer c’est exactement ce qu’on a vécu : etre dans un monde a part , ne pas vouloir y croire, l’effondrement, La peur de rencontrer nOtre bebe à l’accouchement. cette journee ou à l’accouchement la tristesse et identique a l’émerveillement ressentit lors de la rencontre àvec nOtre bebe, la difficulté de rentrer seul et de sentir un immense vide autour de nous!

    Chacun avance Comme il en a envie nous ce qui nous a aidé à avancer Cest le partage de nOtre vécu àvec nOtre entourage, le fait de ne jamais cacher nos sentiment, detre La l’un pour l’autre, de s’aimer , davoir dautres projet travaux voyage et se battre…

    À travers votre témoignage vous faite vivre votre petit bout. et vous montrez qu’il a eu un rôle important dans cette vie. si il est plus La physiquement je pense qu’il est dans beaucoup de cœurs ! Et si cest comme nous nOtre petite rose nous a fait découvrir de nouvelles valeurs, nous a fait prendre conscience de l’intensité de notre amour l’un pour l’autre. Elle nous a aidé à voir la vie différemment et je lui en remercie!

    Depuis septembre 2018 je suis devenu maman de jumeaux, une belle revanche sur la vie. Et c’est l’inverse de vous cest en accouchant et en rentrant àvec mes trésors que j’ai réalisé davantage ce qu’on avait perdu en 2016.

    Je vous souhaite pleins de bonheurs à vous votre mari et julien et votre histoire a eu un impact sur votre vie mais cest sur vous allez en ressortir que plus fort tous ensemble.

    • Camille
      Posted at 00:44h, 27 avril Répondre

      Bonjour Marie. Votre histoire semble être mon histoire. (Et bien sûr cela me trouble).Après un long parcours de PMA, je suis tombée enceinte d’un petit garçon, que j ai perdu à 5 jours de mon accouchement en Juin 2015. Sans raison connue. et aujourd’hui, me voila maman de jumelles , nées en Juillet 2016….

  • ANNE
    Posted at 11:07h, 29 novembre Répondre

    Merci Nikki pour ton magnifique et bouleversant témoignage.
    J’ai perdu mon deuxième enfant (grossesse surprise) in-utero à 8 mois de grossesse (36SA) d’une cause inconnue il y a 2 ans et je suis moi aussi maman d’un petit garçon de 3 ans qui est mon petit soleil comme tu le dis si bien pour Julien.
    J’ai beaucoup pleuré en t’écoutant mais en même temps ça m’a fait beaucoup bien de recraquer car avec le temps la douleur s’estompe un peu mais elle reste sous-jacente et prête à resurgir à tout moment.. Et je suis convaincue d’une chose, c’est qu’Il ne faut pas s’en empêcher ou tenter de contenir ses larmes. Se libérer c’est se soulager et c’est aussi surtout salvateur…
    Nous sommes actuellement avec mon mari en parcours de PMA pour avoir un 3ème enfant (nous avons eu notre 1er suite à une FIV) car nous nous sentons maintenant prêts pour une nouvelle grossesse, même si évidement elle ne sera pas des plus sereines…
    Une tendre pensée pour Max et toutes les petites étoiles parties bien trop tôt et beaucoup de bonheur pour la suite…

  • Eloïse
    Posted at 15:45h, 05 février Répondre

    Merci
    Il y trois ans à une échographie nous avions découvert que le cœur de notre petit garçon avait cessé de battre. Je n’ai pas besoin de vous expliquer notre émotion vous la décrivez très bien. Ce qui m’a le plus manqué à l’époque c’est de partager avec des parents capables de comprendre ce que nous traversions. Merci de le faire pour eux pour nous… Avec le temps la peine s »estompe mais ce petit bout fera toujours parti de nos vies, de nos histoires.
    Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

  • Frida
    Posted at 13:12h, 12 février Répondre

    Merci pour ce beau témoignage où je retrouve tant de mes émotions… La façon dont vous en parlez montre que vous avez déjà bien cheminé depuis la naissance de votre Max.
    Dans mon cas, c’était vraiment différent dans la mesure où le décès d’une de mes 2 filles a été constaté à la fin du 5ème mois et j’ai du vivre dans la bipolarité interne dans l’espérance de la naissance à venir et de la mort déjà là. Je n’ai pas eu la chance de voir ma fille qui était restée dedans trop longtemps pour être visible, j’ai du me contenter d’un pied, après avoir insisté.
    Dans mon cas, le corps médical a été accompagnant, depuis le décès avec notamment le livre « Darius et la fleur multicolore » que nous lisons encore à la demande de mon aîné et avec toutes les attentions des services GHR, post partum.
    Je me retrouve aussi dans la méconnaissance administrative du devenir du corps de nos enfants. En plus de devoir subir et affronter un tel évènement, il nous faut trouver de l’énergie pour savoir de façon exacte ce qu’ils deviennent, quand et où ils sont à un moment précis.
    Ce que je suis entrain de comprendre maintenant c’est qu’elle avait une place, et que cette place ne sera jamais comblée par une autre naissance. Il faut le temps de l’acceptaction de ce vide.
    Je vous souhaite le meilleur pour vos projets à venir.

  • Les podcasts PMA – La baleine en montgolfière
    Posted at 10:05h, 22 février Répondre

    […] BLISS STORIES – Episode 17 – Le deuil périnatal […]

  • Nadine Bosquet
    Posted at 18:27h, 01 mars Répondre

    Ce témoignage est bouleversant. Je connais votre souffrance, je connais ces sanglots… même des années après, en parler reste toujours aussi douloureux. J’ai perdu ma petite fille Maya a 6 mois de grossesse. Elle avait un retard de croissance précoce et sévère. Comme vous, je n’arrivai pas à croire qu’a l’ère où nous vivons qu’il n’y avait rien à faire…. et pourtant, c’était bien la réalité.
    Beaucoup de courage vous et à toutes ces mamans qui ont vécues le deuil d’un enfant.

    Maya – Ma plus belle réussite

    25 semaines.

    Assez pour te connaitre, pour t’aimer, pour te donner un nom, pour ne jamais t’oublier

    25 semaines.

    Assez pour modifier a jamais ma vie, la forme de mon cœur, la profondeur de mon âme

    25 semaines.

    Assez pour être ta maman au delà des horizons qui nous séparent, assez pour voir l’avenir en toi

    Maya – Ma parfaite perfection

    Mon monde et les rêves que j’avais pour toi se sont écroulés quand j’ai entendu ces quelques mots du médecin… Le temps s’est figé… comme mes larmes

    Comment ca pouvait être vrai? Pourquoi toi? Pourquoi moi? Mon corps t’attendait, mon cœur avait tellement a t’offrir… Pourquoi?

    Comment trouver la force de te mettre au monde, toi qui étais déjà un ange dans mon ventre

    Comment ressentir autant d’amour en te voyant et tellement de peine en même temps

    Te regarder si paisible dans mes bras et espérer, hurler, prier, promettre d’être meilleure si seulement tu prenais ton premier souffle… respire Maya… stp Maya…stp…

    Aujourd’hui…

    Aujourd’hui, ce qu’il me reste c’est ce ventre plat et vide de vie
    Mais aussi ton visage que je ne veux jamais oublier
    Tes empreintes sont gravées dans mon âme

  • Galinette
    Posted at 16:21h, 11 septembre Répondre

    Comment ne pas écouter ce podcast sans être submergée par l’émotion. Je n’ai pas connu ce malheur là mais je pense que ce doit être la pire chose qu’il puisse arriver. Je vous souhaite d’avoir un heureux événement prochainement. Je vous trouve tellement courageuse et forte!

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