EPISODE 46 : MILÉNA, AVEC 6 ENFANTS, J’AI -PRESQUE- TOUT VÉCU !

Je ne sais pas vous, mais moi, une famille nombreuse, très nombreuse, me fascine souvent. J’admire ces femmes qui réussissent à vivre des grossesses successives tout en gérant leur quotidien de mères et de femmes. Je crois qu’on peut se dire qu’à partir de 4-5 enfants, ça commence à être vraiment sportif. Alors avec 6 enfants… comment font-elles ?!

 

Les joies d’une famille nombreuse

 

Miléna a la sagesse et le calme de celles qui savent. Elle sait qu’elle a toujours rêvé d’une famille nombreuse, que chaque âge est aussi merveilleux qu’épuisant. Aussi, elle sait que tout passe, alors elle savoure ce rôle qu’elle s’est offert. Celui de cheffe d’une tribu de 6 petites personnes qui lui ont fait vivre des expériences de grossesses et d’accouchements très différents. Fausse couche ; grossesse extra utérine ; accouchement naturel ; péridurale ; césarienne ; grossesse simples et multiple… Oui, Mélina peut se targuer d’avoir -presque- tout vécu. Et comme elle aime partager, je vous laisse découvrir son histoire de maternité.

L’Insta de Miléna : @pinketgreen

 

LES TEN TIPS DE MILÉNA

« Ça passe, tout passe ! »

Les nuits écourtées ou hachées, ça passe. Le yaourt écrasé au sol, ça passe. Les lacets qu’il faut refaire, ça passe. Les nez à essuyer, les bains à donner à la chaîne, les petits pots à préparer et à donner à la petite cuillère, les devoirs qu’il faut encadrer, ça aussi ça passe. TOUT passe, je vous dis. C’est l’enseignement majeur que je retiens de la petite enfance de mes deux grandes. Elles ont désormais 16 ans 1/2 et 13 ans, et tout cela, toute cette fatigue, ces levers la nuit, ce ménage à recommencer éternellement, c’est bel et bien fini, les concernant. Mieux : elles participent à leur mesure à la vie de la famille. Alors quand il y a un jeté de purée par terre ou un pyjama à changer à une heure imprévue, je me répète mon mantra. Ça passe, tout passe.

« Vis l’instant présent (même tâché de purée) »

Le parent est un être fascinant et ambiguë, qui cultive une étrange capacité à s’extasier sur les photos des premiers mois de bébé en déplorant que « ça passe trop vite ». Alors que lorsqu’il est en plein dedans, ça lui semble si dur et si long. Il n’a qu’une seule hâte : que son enfant grandisse enfin. Je me suis rendue compte avec le temps de l’aberration d’un tel fonctionnement. Alors j’essaie d’inverser la vapeur. Je choisis de profiter du mieux possible du moment présent, pour ne pas avoir de regrets. Je vis le moment présent plutôt que la nostalgie du moment « anciennement présent », et que j’aurais laissé filer trop vite entre mes doigts, par impatience, par fatigue. Vous saisissez la nuance ? L’exercice n’est pas facile, je vous le concède. Mais il nous permet de prendre du recul, de voir les contrariétés avec philosophie et de faire redescendre la pression.

 » Une mère avertie en vaut dix »

Durant la grossesse et avant l’accouchement, renseignez-vous sur vos droits mais aussi sur les possibilités de suivi (par une sage-femme si la grossesse le permet, par exemple), sur les différentes façons d’accoucher et avec qui. Les femmes ne sont, à mon sens, pas suffisamment informées sur leurs droits. Et faire un choix de manière « non éclairée », revient à faire un choix par défaut. Et un choix par défaut n’en est pas un. Nous avons le droit d’être tenue au courant de tout et de donner notre consentement avant qu’une péri soit posée par exemple, ou qu’une épisiotomie soit pratiquée (parfois sans même prévenir). Idem sur l’allaitement, n’hésitez pas à à demander de l’aide à des conseillères en lactation et même un ostéopathe. Et surtout, faites confiance à votre intuition. Toujours.

« Informez-vous sur les pédagogies et les méthodes alternatives »

Je parle notamment de la DME (diversification menée par l’enfant) et de la motricité libre. Attention, il ne s’agit pas de simples lubies de parents hippies. Ces deux méthodes, l’une concernant l’alimentation, l’autre le développement psychomoteur, ont fait leurs preuves. Et je vais vous avouer un secret : avec la DME, le bébé mange rapidement la même chose que le reste de la famille. Pratique quand on a une famille (très) nombreuse ! Aucune obligation, bien entendu. Mais sachez qu’il existe d’autres méthodes que celles habituellement citées dans les magazines parentaux. Et accessoirement, ça permet de réaliser un gain de place et d’argent : pas de parc, pas de transat, pas de tapis d’éveil… on s’en passe aisément, et l’enfant évolue à son rythme, sans entrave.

« La gestion des repas : organisation, mais sans pression »

Le drive (pour un minimum de produits), le marché (on a la chance de vivre dans une région où les fruits et légumes de saison sont abordables et variés), les achats en vrac, voilà mes trois meilleurs amis. Quelques autres astuces : planifier les repas, cuisiner de grosses quantités (par exemple, doubler la quantités de pommes de terre pour la raclette du soir. Et hop ! Un gratin pour le lendemain), accommoder les restes comme le fameux Fourzitou de Fabienne Lepic (dans la série « Fais pas ci fais pas ça »), miser sur les grands classiques faciles, rapides, savoureux et économiques (je pioche beaucoup dans les plats de mon enfance, ceux que ma mère préparait pour une famille de six personnes. Potages, gratins, purée de pomme de terre, pâtes avec une sauce maison, salade de riz, omelettes aux champignons… Ce sont des plats qui ne demandent pas beaucoup de temps, que tout le monde aime et qui, en plus, reviennent peu chers). Quant aux restes, je congèle par plats. Une boite = une portion. Bien pratique pour les retours tardifs à la maison après le travail ou le sport.

« Mettre les enfants à contribution, en fonction de leur âge »

Il y a un roulement des tâches, mettre la table, la débarrasser, remplir le lave-vaisselle… Bien entendu, je prends en compte les emplois du temps, la quantité de devoirs, la charge de chacun, mais globalement tout le monde met la main à la pâte. Idem pour les poubelles, le linge ou la poussière. Quand mes filles partent au collège et au lycée, je leur demande d’embarquer au passage une poubelle (c’est sur leur chemin). Evidemment j’applique la même consigne à moi-même : je sors, je prends une poubelle.

 « Et en cas de conflit entre frères et soeurs ? »

Ne pas forcément intervenir. Ce conseil peut sembler incongru, mais beaucoup de petits conflits se règlent tous seuls, aussi vite qu’ils sont apparus. Intervenir pourrait avoir l’effet contraire à celui qu’on espérait, et la dispute pourrait s’éterniser. J’écoute, j’observe, tant qu’il n’y a pas de violence physique (qui constitue une interdiction absolue chez moi) et que le feu semble s’éteindre tout seul, je n’interviens pas. Dans le cas contraire, je sépare les petits belligérants. Attention, il ne s’agit pas de les emmener manu militari chacun dans une pièce. Je leur ai expliqué, dès tout petits, un principe très simple : si on ne parvient pas à jouer ensemble, à savoir prendre du plaisir à jouer avec l’autre, alors pourquoi continuer ? Autant arrêter et trouver une occupation plus épanouissante et plus sereine.

« Comment passer autant de temps avec chacun de ses enfants ? »

Pour leur consacrer le temps suffisant à leur épanouissement et à la croissance de leur confiance en eux, je m’appuie sur cinq choses : j’observe, j’écoute, je m’adapte, je pose mon téléphone et j’essaie de ménager du temps pour chacun, en solo ou en duo maximum.Je m’adapte à leur âge, à leurs besoins, à leurs envies. Ils ont des âges très variés, et donc leurs besoins ne sont pas les mêmes, et ils ne se cristallisent pas forcément au même moment. Physiquement je suis évidemment très présente pour mes deux bébés qui ont encore besoin d’être portés, nourris, dorlotés. Mais je suis tout de même là pour mes quatre autres enfants, ne serait-ce que par une discussion en donnant une compote, un bisou volé au passage quand je cuisine, une aide aux devoirs tandis que je change une couche ou une étreinte un peu plus longue que d’habitude avant d’aller dormir. Je deviens maman pieuvre, Shiva,caméléon, multifonction. Ce que vous voulez. J’ai développé mes capacités d’écoute et de présence.

« Garder son calme »

Cette astuce est vraiment capitale. J’ai remarqué que lors d’une dispute, la tension monte souvent progressivement. De simples mots on passe aux phrases pas sympas, d’un ton légèrement énervé. Puis, on passe aux cris, de l’agacement, on passe à la colère ! Bref, c’est un véritable engrenage. Et si moi-même je me laisse entraîner dans cet engrenage, la pression monte en s’accélérant. J’ai le sentiment d’être un peu la gardien de la paix, la garantie de sérénité, le phare dans la tempête, si vous préférez. Parfois je trouve cette situation même un peu injuste, car finalement reposent sur moi beaucoup de choses. Mais c’est ainsi, je sais que si la soupape saute, que si moi aussi je crie, la marmite finira par exploser. Quel intérêt, finalement ? Alors j’essaie de garder mon calme, de respirer. Comme des ondes positives et calmes que j’essaierais d’envoyer aux miens. 

« Et moi dans tout ça ? »

Au fur et à mesure du temps et des maternités, j’ai appris une chose essentiel : il est vital de ne pas se négliger. Je considère qu’une maman ou un papa, c’est comme un téléphone portable. Quand il n’y a plus de batterie, et bien le téléphone ne sert plus à rien. Les parents c’est pareil. Il est important de se ménager du temps pour soi, afin d’être mieux pour les autres. Ne serait-ce que le temps d’un bain, d’un craquage achat sur Internet, d’un thé brûlant en solo, d’une manucure, d’une sieste ou d’une sortie shopping. Le but est le même, se faire plaisir, se ménager. Pas par égoïsme, oh non. C’est même tout le contraire. Si on est mieux avec soi-même, on est mieux pour ses proches. Et c’est tout bénéfice pour toute la famille.

Tendresses à toutes et à tous. Milena 

 

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